Err

Actualités

Une truffe blanche vendue 85'000 euros lors des enchères d'Alba

11 nov. 2018
Une truffe blanche vendue 85'000 euros lors des enchères d'Alba

Une truffe blanche de 850 grammes a été adjugée 85'000 euros, soit 100 euros le gramme, dimanche lors de la 19e vente aux enchères mondiales à Alba, près de Turin. Un résultat qui couronne une belle année pour ce champignon hors norme.

 

La vente s'est déroulée en liaison avec Hong Kong, où se trouvait l'acquéreur de la truffe blanche, dont l'identité n'a pas été révélée.

 

Chaque année depuis 88 ans, la ville d'Alba, dans le Piémont, accueille pendant presque deux mois une grande foire à la truffe blanche au cours de laquelle se déroule la vente aux enchères.

 

La truffe blanche d'Alba, qui se récolte du 21 septembre au 31 janvier, est extrêmement réputée.

 

"Elle est caractérisée par un parfum intense, qui évoque les rencontres romantiques, les bois, la nature, elle est très évocatrice", a expliqué Antonio Degiacomi, le président du Centre national d'étude de la truffe.

Une année très positive

"Cette saison est très positive parce qu'il y a eu des précipitations en juillet et août et des orages, qui ont pu donner un bon apport d'eau. Et la truffe, comme on le sait, est un champignon hypogé (soit qui reste en permanence sous la surface du sol), et a donc besoin d'une saison de ce type", a souligné Antonio Degiacomi.

 

"L'année dernière, en raison de la sécheresse qui avait conduit à une faible récolte, on était arrivé à 600-700 euros les 100 grammes", a rappelé Antonio Degiacomi.

La truffe noire, Tuber Melanosporum, a un prix qui varie entre 500 à 1000 euros le kilo. La truffe blanche d'Alba, Tuber magnatum, la plus chère, est vendue entre 5000 à 7000 euros le kilo.

>> Gros plan sur la truffe blanche, un champignon hors norme

VOIR LA VIDÉO:https://www.rts.ch/info/economie/9985892-une-truffe-blanche-vendue-85-000-euros-lors-des-encheres-d-alba.html

 


Le canton de Vaud ressuscite la truffe suisse

16 oct. 2018
Le canton de Vaud ressuscite la truffe suisse

16 octobre 2018

Valérie Collet

 

Depuis quelques années, la Suisse redécouvre la truffe, en particulier la région d’Yverdon-les-Bains dans le canton de Vaud. Ainsi le village de Bonvillars fêtera-t-il le 27 octobre prochain, les dix ans de son Marché dédié au fameux champignon.

Avec un peu d’avance, nous nous sommes rendus sur place et avons accompagné l’expert-caveur Pierre-Yves Masson, lors d’une de ses "expéditions” en forêt.

L’occasion aussi de découvrir cette jolie région de lacs et de vignes, et de goûter… à la truffe de nos voisins!

Une nouvelle intruse à Bonvillars…

Pendant longtemps, à Bonvillars, non loin d’Yverdon-les-Bains, on ne plantait que du chasselas, des ceps de pinot et des arbres fruitiers. Tout tournait rond entre la vigne et le verger jusqu’au jour où un drôle de champignon est venu changer l’ordre des choses… : la truffe!

 

En fait, elle existait en Suisse depuis au moins 200 ans. À une époque où la pomme de terre était encore une denrée rare, elle était la «patate du pauvre». Et puis on l’oublia… C’est Pierre-Yves Masson, forestier, qui la redécouvrit avec quelques compagnons vers l’an 2000, un peu par hasard, lors d’une promenade à Bonvillars avec un caveur français.

 

Depuis la truffe est devenue leur passion et leur cheval de bataille. Ils la cavent (la ramassent) en forêtet depuis dix ans, organisent un marché annuel et des formations spécifiques sur le sujet.

 

La commune a joué le jeu, qui a mis à leur disposition une vieille (et belle) bâtisse du XVIIe siècle pour leur association et le marché. Tout récemment, une truffière didactique a été créée juste à côté: 6000 mètres carrés avec 11 essences d’arbres pour stimuler la pousse du champignon. Il faudra attendre près de 6 ans pour qu’elle produise, mais, dès l’automne prochain, de petits chemins l’arpenteront et l’on pourra tout savoir sur la truffe par la grande magie du smartphone et des flashcodes!

La Suisse, je l’aime, je l’aime…

Avec ses terres calcaires et du fait qu’elle n’a aucun problème hydrique, la Suisse, au pied du Jura, est une terre idéale pour la truffe, champignon qui présente la particularité de vivre en osmose avec un arbre.

Six espèces s’y développent: la truffe de Bourgogne (Tuber uncinatum), la truffe d’été (Tuber aestivum), la truffe de Lorraine (Tuber mesentericum), la truffe d’hiver (Tuber brumale), la truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum) et la truffe blanche d’Alba (Tuber magnatum Pico).

Les arbres aux côtés desquels elle aime vivre et se développer sont le chêne, le noisetier, le tilleul, le bouleau, le châtaignier, l’orme, le hêtre, le ciste à feuilles de saules ou encore le charme. Essences dont ne manque pas cette splendide Forêt du bois de Chêne que nous avons découverte, embrasée par les couleurs de l’automne, en compagnie de Pierre-Yves et de sa chienne Iana.

Si tous les chiens de la terre…

Tous les chiens de la terre, du Yorkshire au Doberman, peuvent chasser la truffe après une petite formation! Iana, elle, est de la race deslagotto.«Très joueuse et très bonne chercheuse, elle a appris assez vite tout d’abord en cherchant des morceaux de fromage et de truffe à travers la moquette du salon»raconte son maître. Au bout de trois "répétitions”, la séance fut organisée dans le jardin. Puis, direction la forêt où, régulièrement entraînée, elle fait de véritables miracles. Au bout d’à peine une demi-heure, sur un bout de chemin choisi avec science par son maître, la belle, à grand renfort de croquettes, a déniché pas loin de sept grosses truffes. Tout simplement bluffant! Mais il arrive aussi, paraît-il, qu’elle rentre bredouille. La faute aux mauvaises conditions du sol et au climat…

Le Marché aux Truffes suisses, à Bonvillars

Il a lieu chaque année le dernier samedi d’octobre. Cent kilos de truffes y sont en moyenne vendus, chaque pièce pesant entre 30 et 50 grammes. Le prix du kilo varie de 700 francs suisses (pour les particuliers) à 450 francs suisses (pour les restaurateurs). Différentes activités sont organisées : balades autour de la truffe, démonstrations ou cavage avec des chiens, vente d’arbres mycorhizés, démonstrations culinaires, dégustation de truffes sur place ou dans les restaurants de la région…

Le pays étant tout jeune pour la culture de la truffe, l’ambiance de ce marché est encore bon enfant. Mais Pierre-Yves Masson envisage déjà des formations d’éthique et il faudra certainement établir prochainement une réglementation autour du précieux champignon, comme cela existe en France. Non réensemencée, la truffe ne se reproduit pas et sa valeur commence à attirer sérieusement les convoitises…

Fondue aux truffes à bord d’une calèche…

Ce déjeuner roulant, tout en douceur et en saveur, est proposé lors du Marché aux Truffes. Nous l’avons testé avec un peu d’avance au beau milieu d’un magnifique paysage de vignes, au son du claquement lent des sabots sur le chemin… C’est Claude Jäggi, accompagné de sa monture, qui a préparé cette délicieuse fondue à base de gruyère suisse, de vacherin, de vin blanc et agrémentée au dernier moment des copeaux d’une truffe râpée ! Le repas s’est terminé par une assiette de marrons et un verre de Piquette «de nos vieux», un vin que les vignerons faisaient jadis avec les restes de raisin.

 

La balade mène de Bonvillars à Concise, village paisible au bord d’un joli lac. Tout au long du trajet, le cocher raconte l’histoire de ces terres : l’autoroute construite sur la voie romaine ou l’histoire du premier train à être arrivé à Concise. C’était au domaine de La Lance, ancienne chartreuse habitée au XVIIIe siècle par la famille De Pourtalès. Ces aristocrates acceptèrent que le train traverse leurs terres en échange de quoi, il devait s’arrêter sur simple demande de leur part ! Cela se fit pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que le Train à Grande Vitesse, dans les années 60, y mette un terme…

Le domaine de La Lance se visite. Stéphane Sandoz qui y est vigneron, vous en contera toute l’histoire et après un coup d’œil au potager, au vieux cloître et aux deux platanes bicentenaires, vous proposera une dégustation de ses vins. Des délices truffiers au péché de Bacchus…


Des extraits de mycélium de champignons polypores réduisent les virus chez les abeilles

15 oct. 2018
Des extraits de mycélium de champignons polypores réduisent les virus chez les abeilles

Butine.info

Nous avons publié dans Abeille & Cie n°184 un article de synthèse sur l’intérêt des champignons pour la santé des abeilles («Une mycorévolution pour les abeilles» de Agnès Fayet). Les activités antimicrobiennes, antibactériennes, antivirales et même dans certains cas antifongiques des champignons commencent à être connues. Dans un article récemment publié dansla revue Nature, le mycologue Paul Stamets et d’autres chercheurs américains montrent que certains extraits fongiques permettent de réduire la charge virale d’abeilles affectées par le virus des ailes déformées (DWV) et par le virus du Sinaï (LSV). C’est le cas par exemple d’extraits d’amadou (Fomes) et de reishi (Ganoderma). Des tests concluants ont été réalisés en laboratoire et en champs.

Les extraits de mycélium sont administrés par voie orale, dans un sirop, et sont facilement consommés par les abeilles. Ces recherches sont prometteuses pour la santé des abeilles et le renforcement immunitaire des colonies.

Les extraits de Fomes et de Ganoderma ont réduit de manière significative les niveaux de DWV et de LSV lors d’essais sur le terrain.

Références:Stamets, P. E., Naeger, N. L., Evans, J. D., Han, J. O., Hopkins, B. K., Lopez, D., … & Carris, L. M. (2018). Extracts of Polypore Mushroom Mycelia Reduce Viruses in Honey Bees.Scientific reports,8(1), 13936.




Cette start-up veut produire de la viande en laboratoire avec des racines de champignon

5 oct. 2018
Cette start-up veut produire de la viande en laboratoire avec des racines de champignon

 

Corentin4 octobre 2018

 

Ecoactive est une start-up qui vient de mettre au point MycoFlex, une structrure moléculaire à base de mycélium qui va permettre de recréer de la viande, et bien d’autres choses invraisemblables…

 

Ecovative est une start-up qui s’est fait connaître en développant des emballages fabriqués à base de champignons utilisés par Ikea et Dell. L’entreprise veut désormais révolutionner la production de viande en laboratoire.

 

Bientôt des entrecôtes de bœuf sans abattage à base de mycélium ?

 

Passer de l’emballage industriel à la fabrication de viande, une drôle de reconversion ? Il y a pourtant une même base derrière ces deux activités : le champignon. En effet, le premier obstacle à la réussite de ce qui s’appelle la «clean meat» (ou viande propre) est son procédé de fabrication à partir de cellules de tissus musculaires animaux cultivés en laboratoire. En résulte une viande en état de chair à saucisse, viande hachée pour burger ou boulettes.

Quelques start-up se sont lancées dans l’aventure, avec un succès plus ou moins au rendez-vous. On notera tout de même l’Impossible Burger de la start-upImpossible Foodqui rencontre un certain succès depuis son lancement en 2016 dans la Silicon Valley. Mais cela reste un succès local, sans transformation de l’industrie alimentaire.

 

C’est là que les fondateurs d’Ecoactive entre en scène avecMycoFlex et la conviction que les champignons (ou plus exactement le mycélium, les racines de champignons) peuvent servir de «structure délicate» pour permettre aux cellules musculaires et adipeuses de se développer, et potentiellement mener à la reconstruction de viande telle une escalope de poulet ou entrecôte de bœuf.

 

«Ce que fait le mycélium, c’est passer d’un organisme unicellulaire à une structure 3D dans l’espace«, a déclaré Eben Bayer, cofondateur et PDG d’Ecovative, à Business Insider. «Nous y avons fait pousser des cellules animales et elles poussent très bien.»

 

MycoFlex dans les assiettes de demain, mais pas que

Mais les cofondateurs voient encore plus loin. La structure à base de mycélium pourrait permettre de créer une grande variété de matériaux, et pas seulement alimentaires, comme pour des vêtements et chaussures. Par exemple en avril, l’entreprise a collaboré avec Startup Bolt Threads pour fabriquer un sac dans un matériau nommé «Mylo» basé sur le MycoFlex (structure en mycélium) et à l’aspect semblable au cuir. Selon Bayer, n’importe quelle entreprise pourrait «utiliser nos structures MycoFlex et y ajouter leurs ingrédients», a déclaré Bayer.

 

L’objectif de l’entreprise est maintenantde rendre sa structure à base mycélium MycoFlex «accessible à tous«, a déclaré Bayer lors d’un événement de lancement organisé par la conférence scientifique mondiale SynBioBeta. L’homme est convaincu que sa technologie aura une place importante dans le développement de la nourriture du futur.

 

En tout cas, aprèsles excréments recyclés pour de l’impression 3D,ce procédé de fabrication de nourriture n’est pas sans rappeller le célèbre filmL’aile ou la Cuisseavec Louis de Funès…

 

Source

Cuisine moléculairenourriture

 


Ces microorganismes qui nourrissent et protègent les plantes

3 oct. 2018
Ces microorganismes qui nourrissent et protègent les plantes

https://theconversation.com

Joan Doidy 3 octobre 2018

Le réseau mycélien d’un champignon mycorhizien en symbiose avec les racines d’un pin maritime. DR

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2018dont TheConversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le siteFetedelascience.fr

 

Au-delà du simple rôle d’ancrage dans le sol, les racines des plantes puisent les éléments minéraux essentiels à la croissance végétale. Cette capacité d’assimiler efficacement les éléments nutritifs du sol détermine notamment la qualité et le rendement des productions agricoles.

Aujourd’hui, les sols appauvris par la culture intensive nécessitent souvent l’apport de fertilisants (les engrais) et de divers pesticides pour assurer les rendements agricoles. De nouveaux enjeux transcendent donc les horizons actuels de l’agriculture vers des pratiques agro-écologiques pour valoriser la biodiversité du sol tout en réduisant l’apport d’intrants chimiques.

 

Des champignons en symbiose avec les racines

La biodiversité du sol comprend divers microorganismes, des bactéries, des protistes et des champignons, dont la plupart vivent dans la partie du sol proche des racines (la rhizosphère).

 

Dans ce contexte, le système racinaire des végétaux vit en intime relation avec de nombreux microorganismes symbiotiques. Actuellement, de nombreux projets de recherche et de développement visent à exploiter ces microorganismes bénéfiques du sol qui «nourrissent et protègent les plantes».

Parmi ces microorganismes, on compte les mycorhizes (du grecmukêssignifiant champignon et derhizapour racines): des champignons en association symbiotique avec les racines de plantes.

 

Ces champignons mycorhiziens sont présents dans la plupart des écosystèmes et vivent en association naturelle avec plus de 90% des plantes. En fait, cette association symbiotique est si répandue et si ancienne (apparue il y a 450millions d’années) que les biologistes pensent qu’elle a permis aux premières plantes de coloniser la Terre.

 

La biofertilisation: les mycorhizes nourrissent les plantes

Sous terre, les champignons forment des réseaux de filaments: le mycélium en association intime avec le système racinaire des plantes. On peut ainsi trouver jusqu’à 1kilomètre de filaments mycéliens par gramme de sol (= une cuillerée de sol). Ce dense réseau mycélien, capable d’explorer un volume de sol mille fois supérieur à celui exploré par les racines, prolonge le système racinaire des végétaux.

 

À travers ce réseau de mycélium, le champignon capte des éléments minéraux jusque-là inaccessibles aux racines. Ces éléments sont ensuite acheminés vers la plante via le dense réseau mycélien connecté au système racinaire. À ce niveau, le champignon colonise les cellules végétales en formant des structures hyper ramifiées «en forme d’arbuste», ce sont les arbuscules. C’est au niveau des arbuscules que les éléments minéraux (puisés par le champignon) sont redistribués vers la plante.

Structure dite d’arbuscule à l’intérieur d’une cellule de racines de poireaux. L’arbuscule représente le siège des échanges symbiotiques entre plantes et champignons. A. Colombet/DR

 

Ainsi, la mycorhize dite «à arbuscules» apporte davantage d’éléments azotés (N), phosphatés (P), potassiques (K) vers la plante. Par conséquent, la mycorhize influe sur la qualité des productions végétales et accroît le rendement agricole. Il s’agit de la biofertilisation!

 

Par ailleurs, ce sont ces mêmes éléments minéraux (N, P et K) que l’on retrouve dans la composition des fertilisants chimiques (information que vous pourrez facilement vérifier en lisant l’étiquette de vos bidons d’engrais). Ces microorganismes mycorhiziens, naturellement présents dans nos sols,représentent donc une réelle alternative biologique à la problématique des fertilisants chimiques.

 

La bioprotection: les mycorhizes protègent les plantes

En plus d’un pouvoir de biofertilisation, ces champignons symbiotiques confèrent également un pouvoir de bioprotection à leurs plantes hôtes.

 

En effet, le dense réseau mycélien, qui se développe en association avec les racines, forme une sorte de bouclier de protection. Ainsi, le réseau de filaments fongiques enveloppe les extrémités racinaires,tel un manteau mycélien protégeant les racines des attaques de bioagresseurs.

Par exemple, il protège contre les invasions de nématodes, des vers parasites. Il s’agit de la bioprotection.

Manteau mycélien recouvrant les extrémités racinaires, et protégeant ainsi les racines des attaques de divers bioagresseurs. DR

 

De plus, une plante qui s’est déjà associée avec un champignon symbiotique montrera une résistance accrue lors de futures attaques d’autres champignons (eux bien pathogènes). Inversement, une plante qui n’a jamais été colonisée par un champignon mycorhizien sera plus sensible aux diverses invasions de pathogènes. Ainsi le champignon symbiotique peut induire une sorte de résistance systémique aux maladies.

 

Dans ce sens, de nombreux projets de recherche et de développement agro-écologique testent la possibilité d’inoculer les plantes au préalable par des souches mycorhiziennes, conférant ainsi une bioprotection contre des attaques de parasites sans recourir à l’application d’intrants chimiques. Ces microorganismes mycorhiziens, naturellement présents dans nos sols,représentent donc une réelle alternative biologique à la problématique des pesticides.

 

Valoriser la biodiversité du sol, une alternative respectueuse de l’agro-environnement!

Ces dernières années, un nombre grandissant d’entreprises et de start-up ont «champignonné» dans le domaine. L’enjeu étant de maîtriser la culture à grande échelle des souches mycorhiziennes pour la production d’inoculants destinés à l’agriculture. Cette production d’inoculants mycorhiziens représente un outil de lutte biologique afin de remplacer les méthodes chimiques (les engrais et les pesticides).



La biofertilisation: jeune plant d’olivier mycorhizé (M) comparé à un plant témoin non-mycorhizé (NM). D. Wipf, UMR Agroécologie, Dijon

À l’échelle internationale, la valorisation de la biodiversité du sol offre doncune solution respectueuse de l’agro-environnement, une alternative sociétale centrée sur le rapport de l’Homme à son environnement.

 

Les chercheurs profitent de cette Fête de la Science 2018pour communiquer les avancées majeures du domaine à un large public. Les découvertes des biologistes révèlent aujourd’hui l’importance de «ces microorganismes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations» (Marc André Selosse).

 

Pour plus d’informations sur ce sujet, voir aussi le livre «Mycorhizes, l’essor de la révolution verte» (J. A. Fortin, C. Plenchette Y. Piché, Ed. Quae).

 

 

 

 

Mode, design et beauté: le champignon est le nouveau 'cuir'

26 sep. 2018
Mode, design et beauté: le champignon est le nouveau 'cuir'

www.lecho.be

©Phil Ross

Les champignons sont omniprésents dans l'univers food, mais aussi en beauté, en mode et même en design. Les créateurs se sont intéressés à ses propriétés plastiques et écologiques. Le champignon va-t-il sauver la planète?

Cela n'en finissait pas. Photo après photo, visages heureux et poses forcées se succédaient entre de gigantesques amanites tue-mouches accrochées à l'envers au plafond, telles des chauves-souris vénéneuses. Non, les Instagrameurs n'étaient pas avec 'Alice au pays des merveilles', mais à Milan, à la Fondazione Prada où l'artiste préféré de Miuccia Prada, Carsten Höller, a installé son oeuvre d'art 'Atlas', il y a quelques mois. Höller, un ancien scientifique, est notamment fasciné par l'extraordinaire apparence des champignons.

Et il n'est pas le seul: aujourd'hui, les champignons sont omniprésents dans l'univers des foodies, de la mode et du design. Ce come-back dans le cercle hipster a des précédents: les Incas connaissaient déjà les effets hallucinogènes des champignons. Le botaniste du XVIème siècle, Charles de L'Écluse, décrivait le "champignon pernicieux" utilisé dans les philtres d'amour; les hippies recouraient aux champignons magiques dans les sixties psychédéliques.

 

Limonade au ganoderme luisant

 

S'il y a une responsable de cette 'fungi fever', c'est Faye McLeod, visual creative director du groupe de luxe LVMH: elle a créé quelques installations pour l'impressionnante exposition multi-sensorielle 'The Flipside', organisée au printemps dernier pour le grand magasin de luxe londonien Selfridges. Sur un étage désaffecté, elle a installé de féeriques îlots suspendus remplis de champignons sauvages peints. Une installation qui lui a été inspirée lors d'un récent voyage en Californie, où elle a bu des 'mushroom latte' et assisté à une conférence donnée par Paul Stamets, un mycologue qui vante les pouvoirs thérapeutiques des champignons.

Oui, vous avez bien lu: 'mushroom-latte' et 'pouvoirs thérapeutiques'. À Venice Beach, une station balnéaire bohème chic près de Los Angeles, The Shroom Room propose une limonade au ganoderme luisant, des lattes au cordyceps et une boisson à la poudre d'hydne hérisson. Hallucinant. Le distributeur Whole Foods avait vu juste: dans son rapport annuel de tendances, il prévoit que 2018 sera l'année du champignon.

Dans le monde de la beauté, le champignon fait aussi une entrée fracassante, suivant l'allégation suivante: si les champignons sont utilisés dans la médecine traditionnelle chinoise depuis des siècles, c'est qu'ils sont bons pour la santé. En effet, les partisans de la médecine chinoise croient que les champignons comestibles ont un effet purifiant sur le foie et sur les reins. Ils prétendent même qu'ils renforcent le système immunitaire et soignent le stress.

Rien ne le prouve vraiment, mais cela n'empêche pas l'entrepreneur Timothy Ferriss, auteur de 'The 4-Hour Workweek' et partenaire de l'entreprise Four Sigmatic Mushroom Coffee, de prétendre qu'il doit son endurance mentale, sa concentration et son énergie à sa dose quotidienne de poudre de champignon. Four Sigmatic Mushroom Coffee a triplé sa croissance annuelle et vend des boissons et des poudres dans plus d'un millier de magasins dans le monde, dont la boutique Free People. Selon le cabinet de conseil Grand View Research, les extraits de champignon représenteront un marché de 43 milliards d'euros d'ici 2022.

La tendance a aussi fait son chemin en l'Europe. La fondatrice du health bar londonien London Juice Company, Charisse Baker, propose différents 'mushroom latte' et du lait chocolaté à l'extrait de champignon, bien qu'il soit sans doute aussi sain et moins coûteux de mettre régulièrement au menu un peu plus de shiitake ou de champignons de Paris, qui contiennent beaucoup de minéraux et de vitamine B (un grand nombre de champignons "branchés" ne peuvent pas être mangés crus).

 

Grow it Yourself

 

Si les champignons sont bien au menu du nouveau restaurant Blue Park Kitchen à New York, on s'y concentre plutôt sur le poisson et les légumes. En effet, c'est plutôt sous les fesses de la clientèle venue de Wall Street que se trouvent les champignons: les tabourets du restaurant sont fabriqués avec du mycélium, l'appareil végétatif des champignons qui se présente comme un réseau de filaments. On vous rassure tout de suite, les clients ne sont pas assis sur des champignons vivants. Ecovative, l'entreprise new-yorkaise qui produit ces sièges, fait pousser pendant près d'une semaine, sur des sous-produits agricoles, les champignons contenus dans des moules. Ensuite, ils sont "cuits" dans un four de séchage avant d'être envoyés chez le client.

Le mycélium change la donne dans le monde du design, ce qui a des répercussions sur l'environnement. En effet, sa culture ne nécessite aucun engrais ni substance toxique, la fabrication de produits à base de mycélium n'emploie pratiquement pas d'eau, et c'est bon marché. C'est pourquoi il représente une alternative au plastique très crédible.
De plus en plus de designers et d'architectes en sont bien conscients. La designer new-yorkaise Danielle Trofe utilise le mycélium d'Ecovative pour être la première à lancer sur le marché une collection de lampes 'Grow it Yourself'. Quant au designer Jonas Edvard, il l'utilise pour fabriquer des chaises et des lampes.

Le cabinet d'architecture Living a fait ériger dans la cour du MoMA PS1 à New York une tour faite de briques de mycélium, qui sera présentée au Centre Pompidou à Paris en février. Une oeuvre d'art, mais aussi une expérience sur l'avenir de ce matériau extraordinaire.

En Belgique, dans le cadre de son doctorat à la VUB, l'Université néerlandophone de Bruxelles, l'ingénieur Elise Elsacker étudie les applications du mycélium en architecture à l'aide de l'impression 3D. Une technologie qui pourrait être utilisée pour construire rapidement des pavillons temporaires et des abris d'urgence, ainsi que comme matériau isolant.

 

Cuir de champignon

Pour Maurizio Montalti, fondateur de l'entreprise de design Officina Corpuscoli qui étudie les matériaux à base de champignon en collaboration avec des artistes et des designers, le mycélium est aussi le matériau du futur. Il a commissionné l'exposition 'Fungal Futures', un aperçu poétique de projets actuels et à venir à base de mycélium, présentée jusqu'au 18 novembre à De Wereld van Kina, à Gand. 

On peut y découvrir de la vaisselle conçue par Montalti ou une robe de la néerlandaise Aniela Hoitink, faite de fines tranches de mycélium cultivé en laboratoire - une belle expérience, mais qui oserait la porter? Jusqu'à récemment, les tentatives d'utilisation du mycélium dans la mode semblaient plus vivantes que trendy. 

C'était sans compter avec la designer écolo Stella McCartney: au printemps dernier, elle a conçu un prototype de sac à main (Falabella 1) en cuir de mycélium, une collaboration avec Bolt Threads. Jusqu'à la fin du mois de janvier, il sera exposé au V&A Museum de Londres. La mise en production de ce sac n'est pas encore planifiée (tant la créatrice que le groupe Kering sont muets à ce sujet), mais, en septembre, Bold Threads a bel et bien lancé un sac de luxe en "cuir de champignon" via Kickstarter, en collaboration avec le label américain Chester.

Cette nouvelle matière a été développée par Bolt Threads, une start-up californienne qui vient de collecter 123 millions de dollars pour se lancer dans l'aventure. L'argument: le tannage du mycélium est moins polluant que celui du cuir car il demande moins de produits chimiques. Le plus: il ne demande la mise à mort d'aucun animal et est biodégradable. Autrement dit, quand on en a assez de son sac à main, on l'enterre dans le fond de son jardin pour en faire du compost.

'Fungal Futures', jusqu'au 18 novembre à De Wereld van Kina, Sint-Pietersplein 14 à 9000 Gand. www.dewereldvankina.be