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Le Diamant Noir
Actualités

Rémi Laurant cultive les emballages de protection

21 oct. 2019
Rémi Laurant cultive les emballages de protection

Emballages Magazine

 

Publié le 21/10/2019 à 09h30

Associant des fibres d’origine agricole et dumycélium,Embelium est un composite 100% végétal et compostable. -

«Je suis convaincu que le plastique n’est plus incontournable dans le domaine de l’emballage.Grâce à mon expérience et à mon savoir-faire, je peux aujourd’hui cultiver un produit d’emballage100% végétal, compostable, résistant, et issu de ressources locales et renouvelables. La nature a les solutions, à nous de les faire pousser…», déclare Rémi Laurant, qui a inventé l’Embelium et se présente comme un«cultivateur de matériau». Ingénieur de formation, il a fait carrière dans les polymères, les traitements de surfaces et les adhésifs, présidant pendant quinze ans Adhetec, le numéro un des adhésifs techniques pour l’aéronautique notamment. Désormais apiculteur dans les Hautes-Pyrénées, il a constaté une présence importante du polystyrène dans ce domaine. Après dix-huit mois de recherches, il a développé un matériau susceptible de remplacer les plastiques alvéolaires pour la protection et l’isolation des produits.

Culture et déshydratation

L’Embelium est constitué de coproduits agricoles, des rafles de chanvre, de maïs ou de tournesol, ensemencés avec du mycelium. Ce substrat est précultivé, puis placé dans des moules pendant six jours. Les pièces sont ensuite démoulées; elles présentent alors un aspect mou avec une surface douce semblable à une peau de fromage. Après cette «postculture» qui dure deux jours, elles sont déshydratées. Au terme de ce processus, entièrement manuel pour l’instant, elles sont prêtes à être expédiées.«Obtenu par la seule fermentation, sans pression ni chauffage, le matériau présente des caractéristiques équivalentes à celles du polystyrène en termes de résistance mécanique ou d’isolation thermique et phonique, assure Rémi Laurant.En outre, il est ininflammable, résistant à l’eau et peut être réutilisé avant d’être composté.»L’inventeur songe à des applications personnalisées, sur des marchés de taille moyenne, tels que ceux du calage, de la vente à distance, du négoce de vin ou des emballages techniques dans l’industrie.«L’enjeu technique est maîtrisé, confie-t-il,il faut désormais convaincre les clients.»Il tente d’en trouver en participant au salon Natexpo, qui se tient du 20 au 22 octobre au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte.

La truffe blanche, un trésor qui se déguste

10 oct. 2019
La truffe blanche, un trésor qui se déguste

L'ECHO

Dominic Midgley10 octobre 2019 12:53

"Dans les 20 prochaines années, le négoce annuel à l'échelon mondial de la truffe (truffe noire d'été comprise) devrait peser 5,3 millards d'euros." ©Hulton Archive


De la truffe blanche à conserver dans un coffre-fort aux chiens truffiers kidnappés par des trifulau revanchards: en Italie, la chasse aux truffes blanches est officiellement ouverte.

La pluie de septembre arrosant l’Italie n’est pas pour réjouir les touristes britanniques profitant d’une dernière pause estivale; pourtant, pour une poignée de chasseurs italiens à la recherche de truffes blanches, ces averses sont le lever de rideau d’une nouvelle saison lucrative.

Ceux qu’on appelle les ‘trifulau’ iront bientôt par monts et par vaux dans les cinq régions du nord de la péninsule, en quête du roi des champignons, le ‘re dei funghi’. À partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin du mois de janvier, pas moins de 120.000 chasseurs-cueilleur en possession d’un permis lâcheront leurs chiens dont "la truffe est d’or” et caveront des dizaines de milliers de tuber magnatum dont la valeur peut atteindre jusqu’à 2.850 euros le kilo.

L’engouement planétaire pour la cuisine raffinée accompagne l’explosion du marché du ‘tartufo bianco’. Le restaurateur londonien Ranald Macdonald ne s’en étonne pas: "La truffe blanche n’a pas son pareil pour apporter de la magie dans l’assiette et dans le monde très terre-à-terre de la restauration."

Une truffe blanche de 900 grammes (avec ses racines) a été vendue aux enchères 105.000 euros en 2010. ©rv

Le fondateur du groupe gastronomique Boisdale qui, pour fêter ses 30 ans, proposera des mets truffés avec 30% de réduction. "Sa saveur, juste accompagnée d’un beurre de qualité sur des pâtes assaisonnées, est si intense qu’elle défie toute description."

"La truffe est un investissement à court terme: une fois mûre, il faut la consommer dans un délai de huit jours.”

Massimo Feruzzi, administrateur délégué de JFC Tourism and Management et auteur d’un rapport faisant autorité sur le tourisme de la truffe, prévoit que cette année, la filière de la truffe blanche générera un chiffre d’affaires avoisinant 495 millions d’euros dans la seule Italie. Cette expansion sur le long terme ne fait que débuter. "Dans le 20 prochaines années, le négoce annuel à l’échelon mondial de la truffe (truffe noire d’été comprise) devrait peser 5,3 milliards d’euros.

"Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg."Il évoque ici les nombreux salons et festivals dédiés à cet "or blanc” durant la saison. Quelques 115 événements régionaux la célèbrent chaque année, nombre d’entre eux se déroulant dans les hauts lieux de la truffe blanche - Piémont, Toscane, Marches, Ombrie et Emilie-Romagne.

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Prix astronomiques
Sont également mis sur pied des parcours de cavage, des promenades, des cours de cuisine et des séances de dégustation tentent de satisfaire les visiteurs friands de truffe en Italie. Feruzzi évalue le poids de ce sous-secteur touristique (attirant 120.000 visiteurs par an, un nombre sans cesse croissant) à 63 millions d’euros en 2018. L’apogée de la saison de la truffe blanche est la Foire internationale de la Truffe blanche, qui ouvre ses portes dans la ville piémontaise d’Alba le 5 octobre et se prolonge pendant sept semaines. 

De nos jours, ce rendez-vous attire des visiteurs venus des quatre coins du monde: Russie, Brésil, Chine, USA, Australie, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Japon et Royaume-Uni. Puisque les ‘tartufi bianchi’ sont un don de la nature impossible à cultiver, la marge de progression de l’approvisionnement est limitée malgré la demande accrue. Par conséquent, les prix ne feront que grimper.

Et ils sont déjà astronomiques, bien sûr. Quelques copeaux sur vos tagliatelle vous coûteront la bagatelle de 33 euros dans un étoilé Michelin. Les plus gros spécimens sont tellement prisés que, lors de leur mise en vente aux enchères, ils trônent sur des coussins de velours rouge – tels des solitaires dans la vitrine d’un bijoutier.

L’événement le plus prestigieux de la saison sera l’incontournable Vente aux Enchères mondiale de la Truffe blanche d’Alba, le dimanche 10 novembre. En 2017, un homme d’affaires de Hong Kong a allongé 75.000 euros pour une super truffe de 850 grammes. C’est beaucoup mais ce n’est pas le record: il revient à un monstre de 1.876 grammes, adjugé à un Taïwanais par Sotheby’s New York en 2014. Ces truffes représentent évidemment un investissement éphémère. Mûre, la truffe se consomme, de préférence, dans un délai de huit jours suivant son cavage.

Car on peut "l’oublier”. Une belle truffe atteint un prix record lors de sa vente, en 2004. L’acheteur est un habitué du restaurant Zafferano, à Knightsbridge. Le propriétaire de cette truffe extraordinaire l’apporte au chef du restaurant. Ce dernier la dépose précieusement dans son coffre... avant de disparaître avec la clé. Quand il réapparaît, trop tard, la truffe est immangeable.
 

©Getty Images
Purement décadent

Les prix de vente atteints par la truffe intensifient la concurrence entre ‘trifulau’, les poussant à préférer les chiens truffiers aux cochons pour leurs razzias. Le meilleur ami du chasseur de truffe a le talent remarquable de renifler des truffes de qualité enfouies jusqu’à 30 centimètres de profondeur dans le sol. Du coup, son prix augmente aussi: il peut valoir entre 15.000 et 20.000 euros. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que l’ambiance se gâte: vols, voire empoisonnements, de chiens par des rivaux. 

Le chasseur de truffes italien est aussi confronté à des menaces venues d’ailleurs, là où on a trouvé des truffes blanches: en France, dans la péninsule croate d’Istrie, dans certaines régions de Roumanie, de Serbie, de Bulgarie, d’Albanie et même dans l’état américain de l’Oregon, où elles suscitent l’espoir de générer des ventes annuelles atteignant 200 millions de dollars.

Par ailleurs, les changements climatiques et la disparition des forêts au profit de la culture de la vigne et des noisetiers menacent les ‘oikos’, ces lieux connus pour être propices à la truffe. Tout cela n’entame pas la bonne humeur de Massimo Feruzzi. "Les fondamentaux du marché de la truffe italienne restent stables", insiste-t-il. Ranald Macdonald lui donne raison, précisant: "La truffe blanche est un plaisir purement décadent, qui procure ce qui pourrait être qualifié de jouissance gustative."

 

 

Pourquoi les truffes sont-elles moins nombreuses et plus stressées ?

7 oct. 2019

Europe1

13h00, le 07 octobre 2019

Pour écouter l’enregistrement:https://www.europe1.fr/societe/la-truffe-ce-surprenant-champignon-si-prise-devient-de-plus-en-plus-rare-3923984

Depuis sa ferme pédagogique, installée à Boisset en Haute-Loire, l'ex-présentatrice Fanny Agostini met à l'honneur chauqe jour, sur Europe 1 l'alimentation, la santé et l'agriculture.

EDITO

Depuis sa ferme pédagogique, installée à Boisset en Haute-Loire, l'ex-présentatrice Fanny Agostini met à l'honneur chaque jour, dans la matinale d'Europe 1, l'alimentation et l'agriculture française. Dimanche, elle évoque la truffe, un "or noir" menacé de disparition par le réchauffement climatique.

"La truffe, ce délectable champignon qui vaut son pesant d’or (plus de 1.000 euros le kilo) à toujours été à l’origine de nombreuses spéculations quant à son développement. Peter Mayle, écrivain, a même qualifié le monde de la truffe de "plus secret que l’organisation des Renseignements généraux".

La truffe est pourtant consommée depuis le début du 16esiècle, lorsque François 1er l’a introduite à la cour, permettant ainsi de démystifier son image. En effet, ce champignon, qui nait sous terre à la suite des orages, a été interdit à la consommation pendant plusieurs siècles, car associé à l’œuvre du diable… Il faudra cependant attendre le début du 21esiècle pour commencer à percer l’immense mystère autour de ce champignon.

Le lien invisible qui connecte la truffe à son arbre

C’est François le Tacon et son équipe de l’INRA qui vont comprendre pour la première fois le la relation symbiotique fondamentale qui unit les truffes à leur arbre hôte (principalement des chênes, hêtres, noisetiers ou tilleuls). Une idée surprenante leur vient à l’esprit: puisque les arbres utilisent du dioxyde de carbone (CO2) lors de la photosynthèse, il suffit de marquer ce gaz grâce à un isotope (du carbone 13) et étudier sa progression dans la biosphère. A la stupeur générale, du CO2 marqué a été découvert dans les truffes voisines. Il ne restait donc plus qu’à découvrir ce lien invisible qui connecte ces rares champignons à leur arbre-mère.

La chance a frappé dans l’Oise, lorsqu’un spéléologue, en mission sur le terrain pour étudier les chauve-souris, à découvert d’étranges boules noires qui tapissaient le sol de la galerie dans laquelle il progressait. Etonné par cette découverte, il rapporta à la surface des échantillons de sa trouvaille, qu’il présenta à des mycologues. Leur résultat fut sans appel: il s’agissait de truffes de Bourgogne en formation!

C’est grâce à cette découverte inattendue que François le Tacon a eu pour la première fois la possibilité d’étudier la formation de ces champignons et mettre le doigt sur le cordon ombilical des truffes; car oui, il s’agit bien d’un filament invisible à l’œil nu qui joue le rôle d’intermédiaire avec l’arbre et qui fournit les nutriments nécessaires à la croissance des embryons de truffes.

Champion mâle et champignon femelle

Plus troublant encore, les truffes sont sexuées, cela signifie qu’il existe des champignons mâles et des champignons femelles. Au pied d’un arbre, ce sont généralement des truffes du même sexe qui naissent, et leurs filaments doivent entrer en contact avec ceux d’une truffe appartenant à l’autre sexe pour donner naissance à des petites truffettes, un peu comme chez les êtres humains!

Malheureusement, ce surprenant champignon si prisé devient de plus en plus rare… A l’aube du 19e siècle, la France produisait 700 tonnes de truffes par an, alors qu’aujourd’hui, les producteurs truffiers dépassent rarement les 50 tonnes… La faute au changement climatique, entre autres, qui augmente la fréquence des épisodes de chaleur intense et la sécheresse des sols; un exemple qui illustre à quel point tout est lié dans la Nature.

Dans un avenir chamboulé par le changement climatique, il nous faut manœuvrer avec une vision d’ensemble pour espérer préserver les détails qui s’avèrent être essentiels au fonctionnement du monde."

Par Fanny Agostini

 

Le cuir de Champignon

6 sep. 2019
Europe1

09h23, le 06 septembre 2019
Alors que la saison des champignons va bientôt débuter, Fanny Agostini nous apprend qu'il est possible de faire du "cuir de champignons".
Depuis que Fanny Agostini est installée à Boisset, elle ne sort plus sans son panier.
Depuis qu’elle est campagnarde à temps plein, Fanny Agostini vit beaucoup plus aux rythme des saisons. Après cette chronique, elle ira aux champignons. Fanny Agostini a découvert que l’on peut faire bien plus qu’une poêlé ou une omelette avec les champignons.
Du cuir de champignons ! Une innovation inspirée de la Nature pour en finir avec la cruauté animale ou la fabrication du Sky, ce faux cuir que l’on trouve partout de nos sacs à main et vêtements en passant par les sièges de voiture et qui est issu de l’industrie pétrolière!
La substitution au cuir animal ou au cuir synthétique est magique et c’est compagnie américaine du nom de MycoWorks qui a réussi à produire une matière quasi similaire au cuir en utilisant du mycélium. Le mycélium c’est pas tout à fait le champignon en lui-même, c’est un réseau de filaments qui joue le rôle de racine, de poumon et d’estomac du champignon.
Il est maintenant possible de transformer ce mycélium en matière flexible, durable, imperméable et résistante tout comme le cuir traditionnel- sauf que l’a aucun animal n’a souffert pour donner sa peau!
Et en plus sa production est très efficace !
La particularité du mycélium, qui lui donne tout son intérêt dans la fabrication du « cuir », c’est sa vitesse de croissance. Il peut grandir de plusieurs centimètres par jour: on peut produire la même quantité de cuir en deux semaines avec du mycélium contre trois ans avec une vache, c’est le temps qui lui faut pour qu’elle atteigne sa taille adulte.
En plus, ça ne prend pas d’espace!, Quelques mètres cubes de terre suffisent à faire pousser des kilomètres de mycélium, que l’on peut "tisser" de la manière que l’on souhaite pour créer des structures différentes, des bracelets, des ceintures, des vêtements, sacs et semelles de chaussures et même des briques pour la construction!
Et si le mycelium était l’avenir de l’homme ? Dans toutes les alternatives auxquelles il nous faut aujourd’hui penser pour réussir la transition écologique, les solutions se trouvent bien souvent dans la nature.

Quand la forêt s’appuie sur le champignon

26 août 2019
Quand la forêt s’appuie sur le champignon LIBERATION le 26 août 2019 à 20:16

Cèpes. Girolles. Truffes. Ces champignons sont trop souvent réduits à leur utilisation culinaire. Quand ils ne sont pas caricaturés comme des parasites, du poison pour la biodiversité. Des champignons vivent, en effet, sur des arbres et en décomposent le bois. Mais la majorité sont très loin d’être néfastes. Ils sont même essentiels à la survie et à la longévité des géants de la forêt. Des études scientifiques l’ont montré : nombreux sont les champignons vivant au pied des arbres, entremêlant leur mycélium aux racines. Vivant en symbiose, les deux organismes s’échangent des nutriments. Grâce à son mycélium, le champignon augmente le rayon de prospection des arbres et lui apporte différents nutriments comme du phosphore, de l’azote ou de l’eau et absorbe même certains métaux toxiques. Cette relation, la «mycorhize», concerne plus de 90 % des espèces de végétaux. En plus de cet échange bénéfique en nutriments, l’association permet à de nombreuses plantes de mieux supporter les changements de température et de résister aux attaques d’organismes parasites.

Si les espèces vivant en symbiose avec les arbres, dits symbiotes, les protègent, le champignon de Paris s’occupe, lui, de faire respirer la forêt. C’est en effet un saprophyte : il décompose la matière organique morte de l’arbre, comme le bois mort, qui «est essentiel car il peut contenir beaucoup d’azote, qui sera ensuite recyclé en nutriments pour les végétaux», analyse Gérald Gruhn, animateur du réseau mycologique de l’ONF. Sans ce recyclage, les végétaux forestiers ne vivraient pas longtemps, étouffés sous leurs propres déchets. Néanmoins, le bois mort - branches, écorces mais aussi les feuilles - est de plus en plus ramassé par l’homme. Son volume est donc en baisse dans la forêt, un point négatif car même «si les espaces forestiers sont en hausse globalement, la part de la biodiversité forestière liée à la proportion de bois mort est en baisse à cause des sécheresses plus fréquentes aujourd’hui», déplore Gérald Gruhn. Le beau mariage entre champignons et forêts est donc menacé. Certains Fungisont sensibles au changement climatique et ne peuvent plus être en symbiose avec leurs arbres. «Il a été démontré que la pollution d’azote réduisait la richesse de la biodiversité des champignons mycorhizes», déplore le mycologue néerlandais Sietse van der Linde, auteur d’une étude sur le sujet. Si importants soient-ils, collecter des champignons n’est pour autant pas néfaste : «L’important est de ne pas détruire l’humus produit par les différents acteurs», dit Gérald Gruhn. Tout l’art consistant ainsi à les cueillir sans les arracher.

Photo Cosmos

Quentin Gilles

L'Australie, nouvel eldorado de la truffe

22 août 2019
L'Australie, nouvel eldorado de la truffe

L'Australie, nouvel eldorado de la truffe 

Alors que le champignon n'y est apparu que dans les années1990, le pays est déjà le quatrième producteur mondial, talonnant la France, explique la BBC.

LePoint.fr22/08/2019 à 09:31

Et si votre primeur vous proposait bientôt des truffes originaires d'Australie, côtoyant celles venues du Périgord, d'Espagne ou d'Italie? Cela pourrait arriver d'ici à quelques années. La production du pays-continent a explosé au cours des dernières années, explique la BBC. C'est dans les années1990 que la truffe est apparue pour la première fois en Australie et la première récolte date de 1999, soit il y a tout juste 20ans. Autant dire hier quand on pense que la truffe se cuisinait dès l'Antiquité enEurope et faisait partie des mets princiers à la Renaissance. Mais, alors que la France a vu sa production chuter, l'Australie de son côté a connu une très forte croissance de la sienne. Le premier producteur mondial est, depuis trois ans,l'Espagne avec 45tonnes, suivie de l'Italie et de la France (environ une trentaine de tonnes chacune). L'Australie pointe désormais à la quatrième position du classement. Entre14et 18tonnes devraient être ramassées cette année.

Si l'Australie réussit à se tailler une place sur le marché mondial de la truffe, c'est aussi grâce à un avantage géographique. Geoff Barett, cofondateur d'Oak Valley Truffles, explique à la BBC: «Si l'industrie australienne de la truffe marche aussi bien, c'est parce que nous n'avons pas de compétition. Nous produisons dans l'hémisphère sud au moment où il n'y a rien au nord.» En effet, dans le pays-continent, la récolte se fait entre mai et mi-août alors que, dans le Périgord, c'est entre décembre et mars. Puisque les truffes fraîches ne peuvent se conserver que quelques semaines, l'avantage est indéniable.

Une rude concurrence

Près de 300sites produisent en Australie, et 85% des truffes sont destinées à l'exportation, vers 31pays différents. Maisla concurrence fait rage. L'Afrique du Sud et plusieurs pays du continent sud-américain (Chili, Argentine...) cherchent aussi à se faire une place sur ce marché juteux