Err

Le Diamant Noir
Actualités

Pourquoi les truffes sont-elles moins nombreuses et plus stressées ?

7 oct. 2019

Europe1

13h00, le 07 octobre 2019

Pour écouter l’enregistrement:https://www.europe1.fr/societe/la-truffe-ce-surprenant-champignon-si-prise-devient-de-plus-en-plus-rare-3923984

Depuis sa ferme pédagogique, installée à Boisset en Haute-Loire, l'ex-présentatrice Fanny Agostini met à l'honneur chauqe jour, sur Europe 1 l'alimentation, la santé et l'agriculture.

EDITO

Depuis sa ferme pédagogique, installée à Boisset en Haute-Loire, l'ex-présentatrice Fanny Agostini met à l'honneur chaque jour, dans la matinale d'Europe 1, l'alimentation et l'agriculture française. Dimanche, elle évoque la truffe, un "or noir" menacé de disparition par le réchauffement climatique.

"La truffe, ce délectable champignon qui vaut son pesant d’or (plus de 1.000 euros le kilo) à toujours été à l’origine de nombreuses spéculations quant à son développement. Peter Mayle, écrivain, a même qualifié le monde de la truffe de "plus secret que l’organisation des Renseignements généraux".

La truffe est pourtant consommée depuis le début du 16esiècle, lorsque François 1er l’a introduite à la cour, permettant ainsi de démystifier son image. En effet, ce champignon, qui nait sous terre à la suite des orages, a été interdit à la consommation pendant plusieurs siècles, car associé à l’œuvre du diable… Il faudra cependant attendre le début du 21esiècle pour commencer à percer l’immense mystère autour de ce champignon.

Le lien invisible qui connecte la truffe à son arbre

C’est François le Tacon et son équipe de l’INRA qui vont comprendre pour la première fois le la relation symbiotique fondamentale qui unit les truffes à leur arbre hôte (principalement des chênes, hêtres, noisetiers ou tilleuls). Une idée surprenante leur vient à l’esprit: puisque les arbres utilisent du dioxyde de carbone (CO2) lors de la photosynthèse, il suffit de marquer ce gaz grâce à un isotope (du carbone 13) et étudier sa progression dans la biosphère. A la stupeur générale, du CO2 marqué a été découvert dans les truffes voisines. Il ne restait donc plus qu’à découvrir ce lien invisible qui connecte ces rares champignons à leur arbre-mère.

La chance a frappé dans l’Oise, lorsqu’un spéléologue, en mission sur le terrain pour étudier les chauve-souris, à découvert d’étranges boules noires qui tapissaient le sol de la galerie dans laquelle il progressait. Etonné par cette découverte, il rapporta à la surface des échantillons de sa trouvaille, qu’il présenta à des mycologues. Leur résultat fut sans appel: il s’agissait de truffes de Bourgogne en formation!

C’est grâce à cette découverte inattendue que François le Tacon a eu pour la première fois la possibilité d’étudier la formation de ces champignons et mettre le doigt sur le cordon ombilical des truffes; car oui, il s’agit bien d’un filament invisible à l’œil nu qui joue le rôle d’intermédiaire avec l’arbre et qui fournit les nutriments nécessaires à la croissance des embryons de truffes.

Champion mâle et champignon femelle

Plus troublant encore, les truffes sont sexuées, cela signifie qu’il existe des champignons mâles et des champignons femelles. Au pied d’un arbre, ce sont généralement des truffes du même sexe qui naissent, et leurs filaments doivent entrer en contact avec ceux d’une truffe appartenant à l’autre sexe pour donner naissance à des petites truffettes, un peu comme chez les êtres humains!

Malheureusement, ce surprenant champignon si prisé devient de plus en plus rare… A l’aube du 19e siècle, la France produisait 700 tonnes de truffes par an, alors qu’aujourd’hui, les producteurs truffiers dépassent rarement les 50 tonnes… La faute au changement climatique, entre autres, qui augmente la fréquence des épisodes de chaleur intense et la sécheresse des sols; un exemple qui illustre à quel point tout est lié dans la Nature.

Dans un avenir chamboulé par le changement climatique, il nous faut manœuvrer avec une vision d’ensemble pour espérer préserver les détails qui s’avèrent être essentiels au fonctionnement du monde."

Par Fanny Agostini

 

Le cuir de Champignon

6 sep. 2019
Europe1

09h23, le 06 septembre 2019
Alors que la saison des champignons va bientôt débuter, Fanny Agostini nous apprend qu'il est possible de faire du "cuir de champignons".
Depuis que Fanny Agostini est installée à Boisset, elle ne sort plus sans son panier.
Depuis qu’elle est campagnarde à temps plein, Fanny Agostini vit beaucoup plus aux rythme des saisons. Après cette chronique, elle ira aux champignons. Fanny Agostini a découvert que l’on peut faire bien plus qu’une poêlé ou une omelette avec les champignons.
Du cuir de champignons ! Une innovation inspirée de la Nature pour en finir avec la cruauté animale ou la fabrication du Sky, ce faux cuir que l’on trouve partout de nos sacs à main et vêtements en passant par les sièges de voiture et qui est issu de l’industrie pétrolière!
La substitution au cuir animal ou au cuir synthétique est magique et c’est compagnie américaine du nom de MycoWorks qui a réussi à produire une matière quasi similaire au cuir en utilisant du mycélium. Le mycélium c’est pas tout à fait le champignon en lui-même, c’est un réseau de filaments qui joue le rôle de racine, de poumon et d’estomac du champignon.
Il est maintenant possible de transformer ce mycélium en matière flexible, durable, imperméable et résistante tout comme le cuir traditionnel- sauf que l’a aucun animal n’a souffert pour donner sa peau!
Et en plus sa production est très efficace !
La particularité du mycélium, qui lui donne tout son intérêt dans la fabrication du « cuir », c’est sa vitesse de croissance. Il peut grandir de plusieurs centimètres par jour: on peut produire la même quantité de cuir en deux semaines avec du mycélium contre trois ans avec une vache, c’est le temps qui lui faut pour qu’elle atteigne sa taille adulte.
En plus, ça ne prend pas d’espace!, Quelques mètres cubes de terre suffisent à faire pousser des kilomètres de mycélium, que l’on peut "tisser" de la manière que l’on souhaite pour créer des structures différentes, des bracelets, des ceintures, des vêtements, sacs et semelles de chaussures et même des briques pour la construction!
Et si le mycelium était l’avenir de l’homme ? Dans toutes les alternatives auxquelles il nous faut aujourd’hui penser pour réussir la transition écologique, les solutions se trouvent bien souvent dans la nature.

Quand la forêt s’appuie sur le champignon

26 août 2019
Quand la forêt s’appuie sur le champignon LIBERATION le 26 août 2019 à 20:16

Cèpes. Girolles. Truffes. Ces champignons sont trop souvent réduits à leur utilisation culinaire. Quand ils ne sont pas caricaturés comme des parasites, du poison pour la biodiversité. Des champignons vivent, en effet, sur des arbres et en décomposent le bois. Mais la majorité sont très loin d’être néfastes. Ils sont même essentiels à la survie et à la longévité des géants de la forêt. Des études scientifiques l’ont montré : nombreux sont les champignons vivant au pied des arbres, entremêlant leur mycélium aux racines. Vivant en symbiose, les deux organismes s’échangent des nutriments. Grâce à son mycélium, le champignon augmente le rayon de prospection des arbres et lui apporte différents nutriments comme du phosphore, de l’azote ou de l’eau et absorbe même certains métaux toxiques. Cette relation, la «mycorhize», concerne plus de 90 % des espèces de végétaux. En plus de cet échange bénéfique en nutriments, l’association permet à de nombreuses plantes de mieux supporter les changements de température et de résister aux attaques d’organismes parasites.

Si les espèces vivant en symbiose avec les arbres, dits symbiotes, les protègent, le champignon de Paris s’occupe, lui, de faire respirer la forêt. C’est en effet un saprophyte : il décompose la matière organique morte de l’arbre, comme le bois mort, qui «est essentiel car il peut contenir beaucoup d’azote, qui sera ensuite recyclé en nutriments pour les végétaux», analyse Gérald Gruhn, animateur du réseau mycologique de l’ONF. Sans ce recyclage, les végétaux forestiers ne vivraient pas longtemps, étouffés sous leurs propres déchets. Néanmoins, le bois mort - branches, écorces mais aussi les feuilles - est de plus en plus ramassé par l’homme. Son volume est donc en baisse dans la forêt, un point négatif car même «si les espaces forestiers sont en hausse globalement, la part de la biodiversité forestière liée à la proportion de bois mort est en baisse à cause des sécheresses plus fréquentes aujourd’hui», déplore Gérald Gruhn. Le beau mariage entre champignons et forêts est donc menacé. Certains Fungisont sensibles au changement climatique et ne peuvent plus être en symbiose avec leurs arbres. «Il a été démontré que la pollution d’azote réduisait la richesse de la biodiversité des champignons mycorhizes», déplore le mycologue néerlandais Sietse van der Linde, auteur d’une étude sur le sujet. Si importants soient-ils, collecter des champignons n’est pour autant pas néfaste : «L’important est de ne pas détruire l’humus produit par les différents acteurs», dit Gérald Gruhn. Tout l’art consistant ainsi à les cueillir sans les arracher.

Photo Cosmos

Quentin Gilles

L'Australie, nouvel eldorado de la truffe

22 août 2019
L'Australie, nouvel eldorado de la truffe

L'Australie, nouvel eldorado de la truffe 

Alors que le champignon n'y est apparu que dans les années1990, le pays est déjà le quatrième producteur mondial, talonnant la France, explique la BBC.

LePoint.fr22/08/2019 à 09:31

Et si votre primeur vous proposait bientôt des truffes originaires d'Australie, côtoyant celles venues du Périgord, d'Espagne ou d'Italie? Cela pourrait arriver d'ici à quelques années. La production du pays-continent a explosé au cours des dernières années, explique la BBC. C'est dans les années1990 que la truffe est apparue pour la première fois en Australie et la première récolte date de 1999, soit il y a tout juste 20ans. Autant dire hier quand on pense que la truffe se cuisinait dès l'Antiquité enEurope et faisait partie des mets princiers à la Renaissance. Mais, alors que la France a vu sa production chuter, l'Australie de son côté a connu une très forte croissance de la sienne. Le premier producteur mondial est, depuis trois ans,l'Espagne avec 45tonnes, suivie de l'Italie et de la France (environ une trentaine de tonnes chacune). L'Australie pointe désormais à la quatrième position du classement. Entre14et 18tonnes devraient être ramassées cette année.

Si l'Australie réussit à se tailler une place sur le marché mondial de la truffe, c'est aussi grâce à un avantage géographique. Geoff Barett, cofondateur d'Oak Valley Truffles, explique à la BBC: «Si l'industrie australienne de la truffe marche aussi bien, c'est parce que nous n'avons pas de compétition. Nous produisons dans l'hémisphère sud au moment où il n'y a rien au nord.» En effet, dans le pays-continent, la récolte se fait entre mai et mi-août alors que, dans le Périgord, c'est entre décembre et mars. Puisque les truffes fraîches ne peuvent se conserver que quelques semaines, l'avantage est indéniable.

Une rude concurrence

Près de 300sites produisent en Australie, et 85% des truffes sont destinées à l'exportation, vers 31pays différents. Maisla concurrence fait rage. L'Afrique du Sud et plusieurs pays du continent sud-américain (Chili, Argentine...) cherchent aussi à se faire une place sur ce marché juteux

Dites adieu aux mégots : ce champignon les « mange » et les digère en seulement 2 mois

19 août 2019


Justine Manchuelle

Vely / Shutterstock.com

Une designeuse pourrait avoir trouvé une solution pour venir à bout de la pollution aux mégots. En utilisant des champignons, elle a créé un cendrier capable de faire disparaître les mégots qui y sont déposés.

Sur les trottoirs ou sur les plages, les mégots sont partout. Près de 66 % d’entre eux finissent dans la nature une fois la cigarette fumée. Or, ce petit déchet orange met plus de 15 ans à se décomposer, libérant au passage de nombreuses substances toxiques. Les recycler pourrait permettre de limiter leur profusion mais cela reste à l’heure actuelle très compliqué. Mais Audrey Speyer, designeuse installée à Bruxelles, a imaginé une solution pour faire disparaître en seulement quelques semaines ces petits déchets.


Pour cela, elle fait appel à une solution naturelle : MYA (abréviation de 

Mycelial Ashtray), un champignon. Avec sa start-up Purifungi, Audrey travaille depuis 3 ans sur la digestion des champignons. Après avoir élaboré des techniques de dépollution des sols, elle a l’idée d’un cendrier capable d’éliminer les mégots déposés et ce sans faire appel à l’Homme ou à une machine.

Le cendrier se compose d’une « litière de paille, de copeaux, de bois et de carton ». Les champignons peuvent facilement se développer dans cet environnement. Chaque mégot est progressivement recouvert par les champignons dès qu’il est déposé dans le cendrier. Ils le mangent et le digèrent par le mycélium, des filaments qui permettent au champignon de grandir.

Audrey Speyer @AudreySpeyer

Lalbenque. Gastronomie et fête autour de l'omelette truffée géante

1 août 2019
Lalbenque. Gastronomie et fête autour de l'omelette truffée géante Il a fallu cuire pas moins de 14 bacs pour satisfaire tout ce monde.

Publié le01/08/2019 à 03:49, mis à jourà 08:37

 

Elle est devenue un incontournable de la saison estivale. Alors que le marché aux truffes de Lalbenque brille de mille feux tous les mardis après-midi d'hiver, il fallait chercher une solution pour faire connaître ce produit noble aux estivants. L'association Site remarquable du goût et sa présidente Christine Vigouroux l'ont trouvée via l'organisation en été de l'omelette truffée géante.

Combien étaient-ils sur l'espace du Mercadiol ce mardi 30 juillet pour la déguster ? Certainement plus de 600. Tout a commencé sur les coups de 19 h 30. Des bacs de préparation (quatorze pour la soirée) contenant 50 parts avec 200 œufs et 520 grammes de truffes émincées sont versés dans des poêles géantes, et après un peu moins d'un quart d'heure de cuisson, la préparation est cuite à point. Il ne reste plus aux organisateurs qu'à servir ce mets délicieux et chacun se délecte, apprécie, savoure.

La promotion par la découverte

Il suffit de faire le tour des tables pour se convaincre du caractère universel de la truffe. Beaucoup sont venus la découvrir parfois de fort loin. Ici Raquel, la Brésilienne, là Susanna, l'Anglo-italienne, à côté d'elles Dominique le Strabourgeois, tous découvrent les saveurs incomparables de la truffe(photo ci-contre). Bref l'action de promotion du produit truffe et bien là, et comme le dit la présidente : «Il faut bien prolonger l'action du syndicat de trufficulteurs. Potentiellement ceux qui l'ont découverte ce soir peuvent revenir lors de nos marchés aux truffes d'hiver.»

À côté de l'omelette aux truffes, divers producteurs ont proposé des produits régionaux tels que vins, canards, fruits, charcuteries, pâtisseries, bref de quoi faire un repas complet et prolonger l'instant. Nelly Music à l'accordéon a pu faire apprécier son talent et certains n'ont pas hésité à y aller de quelques pas de danses.

Bref un temps fort de l'animation estivale en tous points réussi.

LaDepeche.fr